Andrée COLSON

ANDREE COLSON, VIOLONISTE ET L'ENSEMBLE INSTRUMENTAL

 

Un demi-siècle consacré à la musique pour créer, innover, convaincre...

 

 Andrée Colson nous a quitté le 15 décembre 2020 à Langeais.

 Andrée Colson nait à Paris le 5 septembre 1924. Après des études de violon au Conservatoire National Supérieur de Musique       de Paris, elle s'installe en Touraine où elle crée en 1955 l'Ensemble Instrumental qui porte son nom et dont elle est le chef,           soliste, premier violon.

Elle est à l'origine de nombreuses réalisations avant-gardistes :

- un orchestre sans baguette, premier et unique en France

- une communauté musicale "classique" sur son lieu de vie en pleine campagne

- une école de musique à Tours assortie d'originales animations musicales en milieu scolaire et rural

- plusieurs clubs qui concerneront 15 000 enfant

- un festival "Les Journées Musicales Internationales de Langeais" (festival en chaises longues) qui, en 10 ans, fera entendre                                                                                             750 jeunes virtuoses et créateurs de 35 nationalités

- son propre studio d'enregistrement en pleine nature

- une maison de disques, les "Disques Vernou" (plusieurs Prix du Disque)

- des stages de perfectionnement de technique d'archet pour instrumentistes internationaux de haut niveau...

Andrée Colson a contribué pendant un demi-siècle, à la tête de son orchestre, à la diffusion d'une musique vivante à la portée de tous les publics et au rayonnement culturel de la France, de Paris à Sidney en passant par New-York et Hong Kong (57 pays visités)

Andrée Colson était Officier des Arts et des Lettres, Chevalier de la Légion d'Honneur.

 

Récit de Jacqueline LEGRIS

(Photo archives NR)

Colette Lequien

colette

Colette Lequien nous a quitté mercredi 21 janvier. Secrétaire générale de notre Association,  c'était une figure du monde musical et du CNSMDP, une grande pédagogue, une grande dame.... 

Elle va terriblement nous manquer.

Henri Dutilleux (1916 – 2013)

Henri Dutilleux épris, au cours de sa longue existence, de ce besoin de solitude et d'évasion, s'en est allé le 22 mai 2013 rejoindre "Tout un monde lointain"*, qu'il a si éloquemment décrit.
Il naît à Angers le 22 janvier 1916, dans une famille où la peinture et la musique créent un univers artistique favorable à l'épanouissement de dons exceptionnels. Il reconnaitra plus tard le magnifique héritage dont il a bénéficié, et l'éveil pour l'art pictural que son aïeul Constant Dutilleux – ami de Corot et de Delacroix –a exacerbé depuis son enfance.Ses parents l'ont encouragé très tôt, dans la réussite de sa vocation.
Ses études à Paris au CNSM sont couronnées en 1938 par le Grand prix de Rome ; mais son séjour à la Villa Médicis fut interrompu lorsque l'Italie entra dans le conflit de la seconde Guerre mondiale.
Son premier poste lui sera proposé par Henri Barraud, au Studio d'essai de la RTF, où il assure les illustrations musicales. Ce n'est qu'en 1963, dégagé de toute obligation administrative, qu'il peut enfin se consacrer exclusivement à la composition.
Certes, sa renommée avait déjà été confirmée par le triomphe remporté par la Sonatepour piano et les deux Symphonies; mais, dès 1964, s'ouvre une autre période dans sa manière de composer, avec une œuvre magistrale : Métaboles. Le quatuor "Ainsi la Nuit" et, plus encore, le concerto pour violoncelle "Tout un monde lointain" ont une résonance immense, à leur sortie.Des événements essentiels,qui se renouvelleront avec "Timbre, Espace, Mouvement", "L'Arbre de Songes", "Le Temps, l'Horloge", "Mystère de l'Instant".Tous ces titres révèlent, outre leur évocation poétique, la préoccupation angoissée d'Henri Dutilleux pour les mystères de la Nature, du Temps et de la Mort.
Définir son esthétique au travers des méandres dans lesquels s'est glissée son inspiration demeure une délicate entreprise.Son langage, résolument écarté de tout système pré-établi, traduit une qualité d'imagination nourrie par des constantes qu'il révèle lui-même : la base solidement édifiée par l'écriture du contrepoint et de la fugue, "sorte de mécanisme de la pensée", ainsi que l'emploi de la "note-pivot".
Son œuvre logique et claire – ce qui la classe déjà parmi les classiques – s'est imposée par le sceau de l'authenticité, qui est apposé sur un art qui tend vers l'universalité.Sans doute ne connaîtra-t-elle pas l'éclipse dont la plupart des grands créateurs sont victimes après leur disparition.
Henri Dutilleux avait l'intelligence du cœur, et était la discrétion et l'élégance faites homme. Il est sans conteste un des plus grands compositeurs depuis la seconde moitié du XXème siècle ; un artiste avec tout ce que ce terme peut contenir de sensibilité et de connaissance. Tout sa vie, il a travaillé avec ardeur, persévérance et opiniâtreté, pour obtenir toujours la plus belle forme musicale possible. Son humanisme chevillé au corps a fait de lui un homme rare, dont la fréquentation était d'une indicible richesse.

Pierrette Mari

* La Chevelure, Les Fleurs du mal de Charles Baudelaire

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